Débrief: Semaine 11 – Islande et Féroés : Ce n’est qu’un au revoir

Cet article fait partie de la série Tour d'Europe
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Jour 67 : Un glacier, des touristes et des papys Bulgares.

A peine réveillés, nous repartons. Les deux jours à Landmannalaugar ne nous laissent pas beaucoup de temps pour terminer notre tour du pays et revenir au ferry mais heureusement le plus gros de l’Islande est derrière nous. Bientôt il n’y aura au sud des hautes terres qu’une seule et unique route allant d’ouest en est : la route circulaire.

Nous nous arrêtons rapidement à la cascade de Seljalandsfoss. Haute de 65m, elle offre la possibilité de passer derrière la chute d’eau mais la pluie et le nombre de personnes se pressant sur le site nous font fuir. Nous avons vu beaucoup de cascades dans le pays, la plupart désertes ou avec peu de touristes donc nous ne voyons pas de raison de nous attarder. Le temps de prendre une photo et nous repartons.

Rapidement, la route longe l’Eyjafjallajökull. Ce volcan a fait parler de lui en 2010 alors qu’une éruption a entraîné la fermeture de l’espace aérien européen pendant plusieurs jours. Heureusement, l’éruption est terminée et une paisible calotte glaciaire recouvre son sommet.

Un centre d’information dédié se trouve le long de la route. Nous nous renseignons sur la possibilité de s’en approcher en randonnant, mais ce n’est pas possible à moins de partir pour un trek de plusieurs jours avec un guide. Nous laissons donc tomber et continuons vers l’ouest.

En chemin, nous pouvons apercevoir sur le côté d’étranges bâtiments creusées directement à travers la montagne : Rútshellir. Au moins 200 grottes creusées par l’homme ont été recensées dans le sud de l’Islande. Celle-ci fait plus de 20m de long et servait probablement à stocker du fourrage.

Nous dédaignons la cascade de Skógafoss, voyant de loin les bus garés à proximité et préférons tourner un peu plus loin sur la route 221 afin d’atteindre la langue glaciaire de Sólheimajökull qui descend de la calotte du Mýrdalsjökull. Un chemin facile d’accès permet de se rapprocher au plus près du glacier. On y voit des petits icebergs détachés du reste de la glace flotter sur le lac de fonte. La glace est recouverte de cendres noires, résultat des éruptions passées du Katla.

Pour la pause déjeuner, nous repartons un peu plus loin nous arrêter à la falaise aux oiseaux de Dyrhólaey. Encore une occasion de voir des Macareux faire des aller-retours entre leur nid et la mer. Étrangement, le nombre de touristes est inférieur à ce que l’on aurait pu craindre. Sans doute les bus ne s’arrêtent-ils pas ici.

Une fois le repas terminé, nous faisons le tour du lagon de Dyrhólaos et arrivons à la plage de Reynisfjara. Ici, c’est une autre histoire ! La belle plage de sable noir est bondée et il est impossible de trouver un bel angle de prise de vue pour photographier tranquillement les orgues basaltiques. De multiples panneaux mettent en garde contre les fortes vagues et les courants suite à la mort d’une touriste Allemande en début d’année. Il faut reconnaître que les vagues sont particulièrement intenses.

Pour passer la nuit, nous n’avons pas le choix du camping. Le seul disponible dans un rayon raisonnable est celui de Vík í Mýrdal. Un nombre impressionnant de camping cars, tentes et petits van de location s’y concentrent autour de … 2 douches pour les hommes et 2 douches pour les femmes. Même nombre pour les WC. Autant dire qu’il ne faut pas être pressé…

Un article du Monde illustre bien la folle explosion du tourisme dans ce petit village, et les dérives qui vont avec : Bienvenue à Vik, 572 âmes, 1,2 million de visiteurs attendus en 2017 : le village fait face au cyclone touristique qui s’est emparé de toute l’île.

Alors que nous avons installé Bourriquet et que Tigrou bricole dehors afin de connecter la nouvelle pompe achetée à Reykjavik, une voiture immatriculée aux îles Féroé se gare à côté. Trois personnes dont deux papys en sortent et plantent une tente. Après discussion, il s’avère que le plus jeune des trois travaille aux îles Féroé sur le Norrøna, le ferry que nous prenons depuis le Danemark ! Tous trois sont en fait Bulgares et les papys sont en vacances en Islande. Le jeune, lui, va reprendre le bateau en même temps que nous. Ils rigolent bien quand Tigrou leur dit qu’on est allé jusqu’en Bulgarie avec Bourriquet. Ils ne s’attendaient pas à ça !

Objectif du lendemain : Faire la longue route qui nous mènera jusqu’au premier camping de la camping card à l’Est.

Jour 68 : De la glace, et encore de la glace

Il nous faut un certain temps avant d’émerger du lit et nous sommes dans les derniers à rester dans le camping. La plupart des gens faisant la route circulaire en 10 jours n’ont guère le temps de faire la grasse matinée et partent aux aurores ! C’est une bonne affaire pour Tigrou et Zazou qui peuvent prendre leur douche tranquillement avant de partir. Celle ci sera malheureusement froide.

Le premier arrêt est plutôt insolite car il s’agit d’une curiosité de la nature. Le site de Kirkjugólf dans le village de Kirkjubæjarklaustur (A vos souhaits) ressemble à un pavage d’église et pourtant ce ne sont que les sommets de colonnes de basalte enterrées. Tout est naturel. A l’époque Viking, on pensait que c’était les ruines d’une ancienne église, mais aucun élément ne vient corroborer l’utilisation du site pour des rites religieux.

La suite de la route circulaire traverse le sandar de Skeiðarársandur. Dernière portion de la route circulaire, elle a été terminée en 1974 grâce à la construction de nombreuses digues et ponts. Avant sa construction il fallait faire tout le tour de l’île par le nord pour rejoindre Reykjavík !

En 1996, un jökulhlaup (fonte d’un glacier à cause d’une éruption volcanique entraînant la formation d’un énorme torrent d’eau et de débris) emporta une bonne partie de la route et des ponts, qui durent être reconstruits. Le débit d’eau estimé était entre 45 000 et 50 000 mètres cubes par seconde ! Un monument commémore l’évènement en montrant un enchevêtrement d’énormes poutres d’acier tordues par la force de l’eau.

Notre arrêt suivant sera à Skaftafell au centre d’information du parc national du Vatnajökull. Le Vatnajökull est la plus grande calotte glaciaire d’Europe avec 8300m². Un petit sentier pédagogique part du bâtiment pour rejoindre la langue glaciaire du Skaftafellsjökull. On peut y découvrir la position du glacier à diverses époques et donc constater son recul. Au bout du sentier, on découvre l’imposante langue glaciaire et le lac de fonte à ses pieds. De nombreux petits icebergs flottent, rivalisant d’inventivité de leurs formes ; certains laissant apparaître leur cœur d’un bleu très pur.

Notre prochaine étape reste dans la même veine puisqu’il s’agit d’une autre langue glaciaire du Vatnajökull et son lac glaciaire : Fjallsárlón. Une courte montée à pied offre une vue d’ensemble sur le lac. Le nombre de morceaux de glace dérivant est impressionnant. Les morceaux de glace se détachent du glacier glissant de la montagne en fond. Bourriquet aura même droit à son petit tour en Iceberg ! Il y a bien quelques touristes avec nous, mais moins qu’on n’aurait pu le craindre. Il est probable que la plupart des gens s’arrêtent au plus célèbre Jökulsárlón quelques kilomètres plus loin… Nous allons rapidement le vérifier car c’est notre prochain arrêt.

La route circulaire franchit la rivière de fonte alimenté par le Jökulsárlón grâce à un joli pont suspendu sous lequel dérivent des petits icebergs. Tout de suite après nous tournons à gauche et constatons qu’effectivement il y a plus de monde ici… Quelques phoques ont choisi de squatter le lieu, au grand plaisir des touristes. Pendant que Tigrou part faire une photo d’un copain de Bourriquet (un espèce de camion amphibie), Zazou observe avec intérêt un Russe en train de siffler un phoque pour l’attirer… Inutile de dire que cela ne marche pas ! Mais ça nous donne une bonne occasion de pratiquer un peu notre russe.

Le soir tombe déjà et nous sommes encore très loin de notre camping du soir, aussi nous partons rapidement direction plein ouest vers Stöðvarfjörður… 253km plus loin! Le temps de faire la route, il fait déjà nuit et le minuscule camping est déjà bien rempli. Il y a à peine la place de garer une demie douzaine de vans comme le notre… L’inconvénient du sud de l’île, c’est que comme il n’y a que la route circulaire, il est impossible de s’enfoncer un peu dans la campagne pour trouver un coin tranquille et faire du sauvage alors nous nous garons tant bien que mal et ça fera bien l’affaire.

Objectif du lendemain : Revenir à Seyðisfjörður, si possible assez tôt pour se garantir une place au camping avant que tous les camping-cars qui prendront le ferry avec nous n’arrivent…

Jour 69 : Le temps des adieux

Avec la fatigue accumulée de la route la veille, nous ne sommes guère matinaux. De toutes façons nous ne sommes pas pressés aujourd’hui car on n’a rien prévu d’autre que d’arriver au camping de Seyðisfjörður, de préférence avant tous les autres passagers du ferry qui partira le lendemain matin.

Nous profitons du passage par Egilsstaðir, la grande ville de l’est pour aller acheter quelques bières et nettoyer le pauvre Bourriquet de toute la poussière qu’il a reçu sur la carrosserie. Il est amusant de constater que tous les 4×4, camions et vans aménagés du ferry ont eu la même idée et tout ce petit monde s’affaire dans le coin.

Cela nous pousse à arriver au camping le plus vite possible, ce que nous faisons, non sans nous arrêter une dernière fois sur la route pour profiter d’un dernier panorama sur le fjord de Seyðisfjörður.

Arrivés au camping, on sent que celui-ci est dimensionné large pour accueillir tous les occupants du ferry reliant l’Islande au continent. Heureusement, il reste encore beaucoup de place et nous trouvons un coin bien horizontal. Comme il est encore tôt, nous partons nous balader dans le centre. Des gros bateaux arrivent dans le port et nous allons assister à la manœuvre.

Alors que Tigrou est déjà revenu dans Bourriquet, Zazou qui était au téléphone revient avec le père noël ! En fait c’est un autre Français, Gégé, qui, fait amusant, ressemble beaucoup au papa de Tigrou.

Nous sympathisons rapidement et nous lui expliquons les différentes étapes de notre projet de voyage : d’abord le Japon via la Russie et la Mongolie, puis ensuite notre plan B autour de l’Europe jusqu’au nord de la Norvège. Il nous présente alors à ses amis avec qui il a parcouru l’Islande de long en large. Nous passons beaucoup de temps à discuter avec eux et décidons notamment de passer par les îles Lofoten lors de notre remontée de la Norvège.

Objectif du lendemain : Prendre le ferry

Jour 70: Jour de mer

L’embarquement sur le ferry se résume en une longue file de camping-cars, 4×4, et autres vans traversant la route du camping vers le bateau. La plupart rentrent directement vers le continent, mais un petit groupe dont nous faisons partie va descendre aux îles Féroé. Nous sommes donc mis ensemble sur le même pont voiture.

L’arrivée à Torshavn est prévue pour 3 heures du matin. Nous avons donc une longue journée à patienter et une très courte nuit devant nous. Nous passons pas mal de temps à rédiger le blog et à nous documenter sur la Norvège.

Pour le repas du midi, nous avons trouvé un peu par hasard une super astuce. Vu que le buffet n’a pas l’air fantastique, nous avons demandé à avoir des plats végétariens. Cela ne pose pose pas de problème à l’équipe du self, mais du coup, ce sont des assiettes préparées par le chef du restaurant lui même qui nous seront servies. Il nous faut les attendre un peu plus longtemps mais elle sont finalement bien meilleures que les légumes vapeur ou les steak trop cuits du self!

Notre programme du lendemain a été bien planifié : Nous devons prendre un hélicoptère vers 14h pour aller sur la petite île de Mykines. Le prix des vols en hélicoptère aux îles Féroé est très intéressant car subventionné par l’État afin de désenclaver les îles lointaines. Les touristes peuvent profiter du même tarif, mais seulement pour l’Aller (le retour devant se faire par bateau). Les places sont très limitées car les hélicoptères d’Atlantic Airways sont petits. Heureusement, nous nous y étions pris assez en avance (les réservations ouvrent un mois à l’avance) et nous sommes parés. Nous avons prévu de passer la nuit sur place avec la tente et de revenir avec le ferry de 17h le lendemain.

Seul inconvénient alors que nous débarquons au milieu de la nuit : le temps est déplorable. Il pleut et il y a du vent. Nous craignons pour notre vol, il arrive régulièrement qu’ils soient annulés pour cause de météo.

Nous décidons de faire la route jusqu’à l’aéroport qui se trouve sur l’île voisine de Vagar et de passer ce qui reste de nuit sur le parking pour être prêt le lendemain. Le stationnement est censé être payant, mais les barrières ne sont pas encore installées alors nous prenons le risque.

Fait amusant, l’aéroport a été construit pendant la seconde guerre mondiale par les Royal Engineers de l’armée Britannique qui occupait alors l’île. Celui-ci a été construit sur un plateau pour être invisible de la mer. La piste très courte et l’environnement montagneux limite le type d’appareil pouvant évoluer ici. La compagnie nationale, Atlantic Airways possède des A319 et A320 et a été semble t’il la première en Europe à exploiter du RNP 0.1 (les geeks d’aéronautique comprendront ;-)). On peut trouver sur Youtube une vidéo sympa de l’approche.

Objectif du lendemain : Mykines.

Jour 71: Départ vers Mykines

Alors que nous nous réveillons, le temps reste mauvais. Du brouillard stagne et le vent continue à souffler, ce qui ne nous présage rien de bon. Tigrou part dans l’aérogare se renseigner auprès de la compagnie. Le vol du matin a été annulé pour cause de météo mais ils ne savent pas encore pour celui de l’après-midi. On nous dit que les pilotes décident au dernier moment. Il ne nous reste qu’à croiser les doigts.

Nous utilisons le temps qu’il nous reste pour préparer nos sacs avec la tente et tout le matériel. Un peu avant l’heure du départ, nous n’avons toujours pas de nouvelles donc nous prenons nos sacs et marchons vers l’aérogare. A peine franchi la porte que le portable de Tigrou sonne : c’est un SMS d’Atlantic Airways qui dit que le vol est annulé. Grosse déception, ni Zazou, ni Tigrou (ni Bourriquet) n’avait encore jamais pris l’hélicoptère !

Une jeune Irlandaise se trouve dans la même situation que nous et nous allons ensemble au point d’information pour savoir si la traversée en ferry aura bien lieu, elle. On nous informe que oui, le ferry est maintenu et nous avons le temps de descendre au port de Sørvágur. Nous embarquons avec nous Harriet, notre nouvelle amie d’aventure avec qui nous resterons tout au long de nos 3 jours aux îles Féroé.

A l’heure prévue, le petit bateau presque vide, tout juste une dizaine de personnes, quitte le port. Rapidement il se retrouve pris dans une forte mer. Il faut avoir le cœur bien accroché car les vagues sont impressionnantes. Heureusement, le fabuleux paysage permet de penser à autre chose et personne ne sera malade.

L’arrivée dans le minuscule port de Mykines est incroyable et on sent que le capitaine a de la bouteille. Il faut bien ça car le bateau a tout juste la place de faire son demi-tour avant d’accoster. A quelques mètres les vagues se fracassent contre les rochers et contre les digues. La procédure d’entrée dans le port est réalisée tellement rapidement que nous n’avons même pas le temps de nous inquiéter.

Sur le quai, un grand nombre de personnes attend de quitter l’île. Le tourisme est en plein boum aux îles Féroé et beaucoup de gens font l’aller/retour à Mykines dans la journée avec les ferrys du matin et du soir. A ce que nous avons vu sur internet, cela commence à faire grincer des dents sur l’île car personne ne fait tourner l’économie alors que tout le monde utilise les infrastructures. Ce ne sera pas notre cas car nous payerons notre nuit au camping.

En terme de camping, il s’agit d’un vague terrain plus ou moins boueux au bord d’un ruisseau, le tout plutôt en pente. Heureusement qu’il n’y a que deux tentes à installer : celle d’Harriet et la notre car on se demande bien où on pourrait en planter d’autres… Le vent souffle toujours assez fort donc nous lestons bien la tente avec des grosses pierres pour éviter qu’elle ne s’envole !

Une fois tout ça solidement accroché, nous partons tous les trois faire un tour du village. Celui-ci est vraiment tout petit. Il n’y a qu’un café qui fait chambre d’hôtes, une école, une église et une espèce de petite épicerie qui ne semble ouvrir que très rarement. Inutile de préciser que le calme règne ici en maître, ce qui est très agréable après cette journée de galère.

Sur les falaises le long du port ou de la crique qui le jouxte, de nombreux oiseaux marins nichent. On peut notamment y voir des macareux. La séance photo s’impose !

Nous discutons avec Harriet du programme du lendemain. Mykines est réputé surtout pour sa randonnée vers le phare de Mykineshólmur. Un certain flou existe autour de ce chemin car depuis cette année et afin de limiter les dégâts faits par les touristes, il est théoriquement obligatoire de prendre un guide. Nous nous sommes renseignés mais le prix est horriblement cher ! Sur internet, nous ne trouvons personne qui dit avoir pris un guide et ça ne nous réjouis pas trop de payer plusieurs dizaines d’euros pour suivre un chemin qui est parfaitement tracé !

Harriet a réservé le ferry retour du lendemain matin (vers 11h) et nous décidons de l’accompagner dans une randonnée matinale. Nous nous disons que nous diminuons les risques de problèmes à partir avant que le village ne soit réveillé et que les touristes n’arrivent. Du coup on planifie le départ à 7h. Ça va être dur de se lever mais il est tôt et il n’y a pas grand-chose à faire donc on en profite pour aller dormir.

Objectif du lendemain : Mykineshólmur

Jour 72: De la randonnée et encore de la randonnée

Le réveil se passe plus facilement que prévu alors que les rayons de l’aube commencent à se poser sur notre minuscule camping. Un léger petit déjeuner vite ingurgité, nous traversons le village endormi. La marche commence par une raide montée au dessus du village le long d’une clôture séparant deux prairies. Rapidement nous atteignons la crête. Une impressionnante falaise tombe verticalement dans l’océan. Il s’agit de ne pas faire de faux pas !

Nous passons devant un monument aux marins disparus et poursuivons le sentier accompagnés par des moutons surpris d’avoir de la visite à une heure aussi matinale. Quelques oiseaux se laissent observer à proximité avant que le chemin ne se mette à descendre par des sommaires escaliers le long de la falaise.

Bientôt nous pouvons apercevoir plus bas la passerelle qui enjambe la gorge séparant Mykineshólmur du reste de l’île. 35m plus bas c’est l’océan Atlantique ! Alors que le chemin descend vers le pont, un nombre incroyable d’oiseaux nous rasent à droite et à gauche. Des dizaines, sinon des centaines de macareux passent autour de nous faisant des aller-retours vers l’océan. Il suffit de se baisser et ceux-ci ne nous voyant plus passent en volant à moins de deux mètres dans le bruit caractéristique de leurs frénétiques battements d’ailes. C’est le paradis pour Tigrou qui s’en donne à cœur joie avec son appareil photo et il faut le rappeler à l’ordre pour poursuivre la marche.

Une fois la passerelle terminée, le chemin remonte progressivement jusqu’au phare qui se trouve tout au bout. Le temps d’y arriver, le soleil a fini de se lever et la lumière est splendide. Une maison se trouve à proximité du phare. Il paraît que c’est un gîte que l’on peut louer. Il n’est pas simple d’y amener ses bagages mais pour sûr on n’est pas gêné par les voisins !

Le retour se fait par le même chemin. La lumière changée nous propose des nouvelles couleurs et on ne se lasse pas de ces montagnes dessinées au rasoir.

Finalement, nous sommes de retour au village assez tôt et nous décidons de revenir par le bateau de 11h plutôt que par celui que nous avions réservé le soir. Nous plions nos affaires après avoir pris un petit thé tous ensemble et partons attendre le ferry.

A l’heure prévue, le bateau arrive et Tigrou en profite pour faire une vidéo de son arrivée. Le temps est beaucoup plus favorable qu’hier mais la dextérité du pilote est impressionnante vue d’en haut.

Comme on s’y attendait, le bateau est littéralement rempli de touristes. Nous sommes bien contents de notre stratégie qui consiste à passer la nuit sur place et faire la randonnée au lever du soleil. Nous avons le sentiment d’avoir eu l’île pour nous tous seuls !

Alors que le bateau s’éloigne, nous pouvons apercevoir la passerelle et le phare où nous étions encore quelques heures auparavant. Un dernier coup d’œil derrière en arrivant à Sørvágur et nous voyons au loin l’île que nous venons de quitter.

Il est autour de midi et nous voulons continuer à marcher. Il existe une randonnée qui permet d’avoir un superbe point de vue sur Mykines depuis Vagar mais nous ne savons pas exactement d’où elle part. Nous nous rendons donc à l’aéroport pour nous renseigner auprès du centre d’information. Deux mamies qui nous entendent nous disent qu’elles ont fait cette marche et que c’est magnifique. Vu leur état physique, on se dit que ça ne doit pas être trop difficile ! Une fois les renseignements pris, nous rejoignons le point de départ qui se trouve tout au fond du fond du port de Sørvágur.

Le début de la marche longe la côte et à peine quelques centaines de mètres écoulées, les premières difficultés arrivent : Des morceaux de chemin très glissants avec un dévers de plusieurs mètres sur le côté. Il faut bien assurer ses appuis ! Nous commençons à trouver louche que les mamies soient passées par là…

Quelques centaines de mètres devant nous, nous pouvons apercevoir nous précédant un jeune asiatique à l’allure vestimentaire étrange : Veste de camouflage, bottes en caoutchouc et sac à main en toile… on se demande s’il ne s’est pas trouvé ici par erreur !

Après l’avoir perdu de vue, nous finissons par le revoir alors qu’il semble s’attaquer de face à la montagne ! Le chemin n’étant pas vraiment matérialisé, nous préférons nous fier à ce qu’on nous a indiqué et continuer à longer le rivage afin de contourner la montagne. Une fois arrivés de l’autre côté, nous pouvons voir notre objectif au loin. Il nous reste « juste » à grimper en haut de la montagne par une longue pente bien raide. Aucun chemin n’est tracé et chacun passe où il veut, tachant d’éviter les petits marécages et les ruisseaux qui descendent.

De longues minutes d’effort sont nécessaires mais arrivés en haut, la vue est sublime. On peut voir en fond Mykines avec l’incroyable îlot de Tindhólmur. On croirait que la montagne a été tranchée en deux d’un immense coup d’épée.

A peine arrivés, nous voyons débouler notre camarade asiatique au sac à main et aux bottes en caoutchouc ! A t’il traversé la montagne et descendu la falaise escarpée ? Heureusement non, il a contourné un peu la paroi mais la performance reste exceptionnelle avec des bottes de pêche et un sac à main…

Nous restons un moment à contempler ce paysage époustouflant. L’a-pic est vertigineux, il est difficile d’imaginer les forces d’érosions qui ont pu arriver à un tel résultat. Alors que nous voyons passer le ferry qui part pour Mykines, nous réalisons qu’il sera bientôt 17h et qu’il nous faut commencer à redescendre. Quelques dizaines de mètres plus bas, nous obtenons une meilleure vue sur l’arche naturelle qui s’est creusée dans un minuscule îlot entre Vagar et Tindhólmur.

Le retour s’effectue sans problème et c’est un peu fatigués que nous retrouvons Bourriquet. Cette aventure nous à mis d’accord sur un point : Il est impossible que les deux mamies aient pu faire cette randonnée !!

Avant de partir prendre un repos bien mérité dans un camping qu’avait repéré Harriet (nous en profiterons pour laver du linge), nous partons voir le village de Gásadalur – « La vallée des oies » en féroien. Un tunnel est ouvert à la circulation depuis 2006 pour rejoindre le village. Auparavant, il fallait y aller en hélicoptère ou à pied par un col très escarpé. Le facteur qui s’y rendait trois fois par semaine devait avoir une forme olympique et ne pas avoir le vertige !

Sur le trajet, une groupe d’oies suicidaires se jette sous les roues de Bourriquet qui a tout juste le temps de s’arrêter avant de faire un massacre. La « vallée des oies » porte bien son nom ! La leçon est apprise : il faut se méfier autant des oies que des moutons, voir plus…

Plus que le village en lui même, ce qui vaut le détour ici, c’est le ruisseau qui se jette dans l’océan par une fine (mais haute) cascade. Un petit aménagement permet d’avoir une belle vue sur l’ensemble. Juste à côté, nous pouvons voir les vestiges d’un ancien escalier qui descendait dans la mer. En effet, alors que le village n’était pas relié par la route, il n’était pas possible d’accoster non plus à cause de la haute falaise. Du coup un escalier avait été construit, descendant jusqu’à la mer. Difficile de parler de port, mais tout même ça devait bien aider pour le ravitaillement du village.

La journée se termine au camping de Miðvágur. Le terrain de camping est là aussi minuscule (bien que tout de même plus grand qu’à Mykines). Il n’y rentre que 3 ou 4 camping-cars et à peine 10 tentes. Par contre, c’est aussi et surtout une auberge de jeunesse. Très moderne, il y a une grande cuisine et une salle commune très propre, bien sûr des douches (chaudes) et même des machines à laver et sèche linge. C’est vraiment le jour et la nuit niveau équipements par rapport aux campings islandais… Là c’est le grand luxe!

Pour pouvoir profiter des installations il faut appeler un certain Christian qui est le maitre des lieux. Après un bref échange, il nous explique que la machine à laver est en panne mais nous propose de laver nos habits chez lui. Nous avions prévu de partir tôt le lendemain matin et cela ne sera pas possible. Nous ferons donc notre lessive à la main et Christian nous propose gentiment de nous servir du sèche linge gratuitement.

Objectif du lendemain : La lessive et randonner encore un peu.

Jour 73: Dernières vues des Iles Féroé

Comme prévu, au petit matin nous faisons beaucoup de lessives à la main. Malheureusement, le temps de faire tout ça, le séchoir est déjà en cours d’utilisation par un hôte de l’auberge de jeunesse. Il s’agit d’un jeune Australien avec qui nous avions déjà discuté pas mal hier soir et qui nous propose de rajouter notre linge au sien. Nous en avons bien trop mais en mettons quand même une partie dans la machine. Le reste sera étendu artisanalement sur des chaises à l’extérieur ou sur un fil que Tigrou a tendu dehors entre un poteau et la gouttière.

Une fois tout mis à sécher, nous partons avec Harriet vers le tout proche lac de Leitisvatn. Celui-ci a la particularité d’être plutôt grand, mais surtout de se jeter directement dans l’océan par une cascade à son extrémité. Si vous avez regardé la vidéo Youtube sur l’approche à l’aéroport de Vagar, on peut y voir le lac et la cascade.

Le début de la marche se fait le long des berges, sans difficulté particulière et nous atteignons son extrémité en quelques dizaines de minutes. Nous arrivons donc au niveau du haut de la chute d’eau mais il est difficile de se faire une idée d’ensemble. Nous décidons d’escalader la montagne sur le côté afin de prendre un peu de hauteur. Cela ressemble franchement à de l’escalade mais nous obtenons vite un meilleur point de vue.

Si bien partis, nous poursuivons notre ascension jusqu’au sommet. Nous faisons bien car d’en haut un panorama fantastique s’ouvre sur toutes les îles du sud. Nous nous trouvons au sommet d’une falaise colossale et le ciel bleu azur nous laisse voir jusqu’à Suðuroy, l’île la plus au sud. Inutile de dire qu’il faut être très prudent lorsque l’on se promène au ras de la falaise car rien ne pourrait stopper une chute dont l’issue ne laisserait aucune doute. Le point positif, c’est que d’ici nous pouvons voir distinctement le lac comme posé sur les falaises, ce qui est très perturbant pour l’œil. Notre cerveau voyant les deux masses d’eau n’arrive pas bien à comprendre qu’elles se trouvent à des altitudes différentes.

Alors que nous étions bien tranquilles en haut de notre falaise, d’autres groupes commencent à arriver, ce qui pour nous sonne le signal de la retraite. Aussi nous redescendons et retrouvons rapidement le chemin que nous avions pris à l’aller avant de rejoindre Bourriquet.

Une fois revenus au camping, notre linge a bien séché et nous commençons à ranger nos affaires. Pendant ce temps, Christian est de passage à l’auberge et nous en profitons pour discuter un peu avec lui et mieux le connaitre. Dans cet échange il nous explique qu’aux Iles Féroé, la pêche représente plus de 90% du PIB du pays et que c’est le premier métier que les Féroïens exercent. D’ailleurs, il a lui même été pêcheur pendant quelques années, aujourd’hui il gère l’auberge de jeunesse et reprend un rythme de vie normal. En effet, selon lui, on se fait vraiment de bonnes rentrées d’argent en tant que pêcheur mais c’est un métier très très difficile. On veut bien le croire! Pour la blague il nous rajoute aussi que “ici les pêcheurs sont mieux payés que le président!”. Cela nous fait rire, et nous sommes contents de pouvoir discuter de la vie aux Féroés avec un local. Christian nous confie aussi qu’il va prendre des cours de langue française le soir. Il démarre en septembre, il aimerait pouvoir communiquer avec ses clients Français, qui ne parlent jamais d’autres langues… Nous ne sommes pas étonnés mais nous restons tout de même amusés de savoir qu’il existe des cours de français au fin fond des Iles Féroés! Nous espérons que l’échange qu’il a eu avec nous pourra déconstruire un peu le stéréotype du Français qui ne parle que sa langue, bien que nous soyons français qu’à moitié! 🙂

Maintenant c’est le moment de faire nos adieux à Harriet. Elle aura été notre complice de randonnée pour ces 3 jours et on s’est beaucoup attaché à elle! Il faut dire qu’elle nous a beaucoup fait penser à notre amie Chouchou. En tous cas, nous lui souhaitons d’avoir d’aussi bonnes conditions climatiques pour le reste de son séjour dans les îles. Pour le souvenir Bourriquet insiste pour poser avec elle et se faire tirer le portrait.

Quand à nous, nous quittons l’île de Vagar, payons le tunnel et arrivons à Torshavn faire une visite express du vieux centre. Celui-ci est constitué de vieux bâtiments en bois peints en rouge, et sert aujourd’hui de bâtiments administratifs pour le gouvernement. L’architecture est sympathique mais l’ensemble est totalement mort, donnant presque l’impression d’être un décor de cinéma.

Heureusement, un peu plus loin, d’autres vieilles maisons sont, elles, habitées et amènent un peu de vie.

Le quartier étant tout petit, nous en faisons rapidement le tour, et comme nous avons encore le temps avant l’embarquement du ferry, nous reprenons Bourriquet pour aller visiter un village tout proche : Kirkjubøur. Ce village avait beaucoup d’importance au moyen âge et on peut y voir les ruines – bien conservées – de la cathédrale Saint-Magnus. La construction de celle-ci n’a jamais été terminée. A proximité se trouve également l’église en bois de Saint-Olav et la plus vieille maison en bois habitée du monde : Kirkjubøargarður, datant tout de même du 11e siècle !

L’heure du départ arrivant, nous regagnons le port de Torshavn pour embarquer. Ces quelques jours aux îles Féroé ont été très intenses et la fatigue commence à se faire ressentir. Il est difficile de ne pas s’endormir en attendant que le bateau arrive mais nous sommes tout de même assez solides pour nous traîner jusqu’à nos couchettes. Une journée de mer nous attend pour demain, ce sera l’occasion de nous reposer un peu.

Objectif du lendemain : Tuer le temps.

Un commentaire sur “Débrief: Semaine 11 – Islande et Féroés : Ce n’est qu’un au revoir

  • Samuel 13 septembre 2017 at 15 h 35 min Reply

    Comme d’hab, les photos sont magnifiques.
    Qlq’unes sont floues et bizarrement, ce sont celles du matin. Quel pourrait être le lien? 🙂

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